DAVID APRILE - LUTHIER

L'atelier vous souhaite une très bonne année 2018 !

ENTRETIEN

Voici quelques conseils et explications pour l'entretien de votre instrument. Je vous invite à me contacter et me rendre visite à l'atelier pour des opérations plus techniques ou pour des conseils plus personnalisés.

Les cordes

Elles sont constituées de différentes matières synthétiques et métalliques, et sont sujettes à la tension, aux variations de température, à l'oxydation par la sueur, et à l'attaque de la colophane qui est corrosive. Leur durée de vie moyenne est d'une année, mais peuvent bien sûr être à bout de souffle après deux mois chez un musicien professionnel. Dans tous les cas, la qualité du son se détériore avec le temps, même si l'instrument n'est pas joué.
Vous pouvez les préserver d'un vieillissement trop rapide en les essuyant avec un chiffon sec après le jeu (ce qui éliminera la sueur et la colophane), et en ne colophanant pas trop votre archet.

L'archet

Il joue un rôle primordial sur le plan sonore puisqu'il est à l'origine de la vibration de la corde. Le cambre de la baguette doit être en adéquation avec les propriétés physiques du bois, et un équilibre doit être trouvé entre la mèche et la baguette pour optimiser la répartition des forces et des tensions. Les crins sont comme vos cheveux : ils sont sensibles à l'hygrométrie et doivent pouvoir respirer.
Il n'y a pas besoin de mettre beaucoup de colophane pour que cela fonctionne, et si c'était le cas, ce serait un signe de fatigue de la mèche. La durée de vie moyenne d'une mèche est d'environ 200 heures de jeu, soit deux ans à raison de deux heures par semaine, huit mois en jouant une heure par jour, et un mois et demi pour un professionnel en période de concours ...
Détendre son archet en fin de jeu permet de ne pas risquer de voiler la baguette (en cas de baisse d'hygrométrie, les crins se raccourcissent et la tendent encore plus), mais veillez à ne pas laisser les crins trop lâches, votre mèche conservera ainsi sa régularité.
La mécanique de la hausse qui permet d'ajuster la tension de la mèche, doit travailler bien dans son axe et sans forcer, et la coulisse métallique de la hausse étant en contact direct avec le bois de la baguette, les deux parties doivent parfaitement correspondre et glisser bien à plat l'une contre l'autre pour ne pas engendrer une usure prématurée. A chaque remèchage, je contrôle, nettoie et graisse la vis et l'écrou, et je vous proposerai de les remplacer si l'usure devenait risquée pour votre baguette

Le chevalet

Il est ajusté parfaitement sur la voûte et taillé sur mesure pour l'instrument : il est une pièce maîtresse du réglage de sonorité. Malgré le graphite déposé au niveau du passage des cordes, il a tendance à pencher en avant si on accorde avec les chevilles, et en arrière avec les tendeurs. Le bois étant flexible, il se cambre sous la pression des cordes, et perd sa stabilité et son efficacité avec le temps.
Il suffit de vérifier de temps à autres que le chevalet est toujours perpendiculaire au plan de la table. Dans le cas contraire, le geste est très simple, mais trop visuel pour être expliqué à l'écrit. Je me ferai un plaisir de vous montrer à l'atelier comment le redresser vous-même.

Température et humidité

Le bois est un matériau sensible à l'humidité. Comme nous il se plaît entre 40% et 65%. Au delà, le bois gonfle, le son devient mat, la mèche de l'archet se rallonge, mais rien de bien grave. En revanche, quand le taux d'humidité descend sous les 40%, le bois peut fendre en se rétractant. On retrouve ces fentes en haut et en bas de la table de part et d'autre des tasseaux, ainsi que sur les éclisses de violoncelle et de contrebasse.
En hiver, les maisons sont chauffées et s'assèchent. Les problèmes arriveront donc plutôt en hiver !
Il existe différents moyens de lutter contre la sécheresse, mais un des plus simples est de maintenir un climat convenable dans l'étui même de l'instrument, à l'aide de DampIt par exemple.
La température (bien que le taux d'humidité en dépende) n'est pas vraiment un souci en soi, sauf à laisser l'instrument au soleil, dans la voiture, sur un radiateur ou sur un plancher chauffant. La plupart des vernis ne se ramolliront pas avant 50°C, mais il y a toujours des exceptions ...

Les chevilles

Quand l'air est sec, du fait que le bois se rétracte, il est possible que vos chevilles ne tiennent plus. Il suffit alors dans la plupart des cas de les réenfoncer un peu, voire de remettre un peu de craie et de savon sec sur les parties de la cheville en contact avec la tête de l'instrument (pensez à vérifier ensuite que le chevalet ne parte pas en avant). Si elles ne tiennent toujours pas, un passage chez le luthier peut s'imposer pour les réajuster. C'est une opération simple et rapide, mais qui demande un outil adapté.